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Avec plus de 70 000 associations créées chaque année d’après le Ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, le paysage associatif ne cesse de se développer en France. Au-delà même de nos frontières, se rassembler est une pratique ancienne.
Mais savez-vous exactement où et quand tout cela a commencé ? Dans cet article, nous vous proposons un rapide voyage à travers le temps pour revenir aux origines du secteur associatif et découvrir les différents modèles qui existent.
C’est parti pour une plongée dans l’histoire !
Retour aux origines des associations
Les associations ne sont pas un phénomène récent. Dès l’Antiquité, la population a souhaité se rassembler au sein d’organisations, et l’on voit alors naître les premières associations en Grèce.
À cette période, la population ressentait le besoin de se réunir en associations libres, principalement pour défendre ses intérêts. Il pouvait s’agir de regroupements par classe sociale (notamment les citoyens les plus riches), par intérêt politique, par intérêt religieux ou encore par intérêt professionnel.
En Grèce antique, les associations étaient donc souvent des clubs aristocratiques, où les plus riches citoyens se rassemblaient pour discuter de la vie de la cité. Mais il existait également d’autres types d’associations comme les associations philosophiques, les associations religieuses ou encore les associations religieuses privées.
Le principe de l’association était similaire chez les Romains. Cependant, on comptait deux principales différences avec les associations grecques.
Chez les Romains, elles étaient appelées "collèges" ou "corporations" contrairement au terme grec qui signifiait association d’amis. La deuxième différence se trouve au niveau de la législation, les Romains en avaient ainsi fait des rassemblements officiels en les inscrivant dans la loi.
Avec les années, les associations évoluent. Elles ne correspondent plus à des clubs privés, mais à des regroupements de corps de métiers. Dans ces associations ou confréries, les membres échangent des savoirs-faire, des méthodes et discutent. En Europe, ils deviennent rapidement très importants au sein de la vie médiévale et faire partie de ces associations est un privilège.
La désignation d’association change encore à partir du XVIe siècle en France. Toutes les associations à visée commerciale sont appelées "sociétés" tandis que toutes les autres sont appelées "communautés". Cette différenciation restera en place jusqu’au XVIIIe siècle. Le nom change, mais la volonté de se rassembler reste la même.

Les siècles suivants voient s’alterner répression par peur d’une révolte, et reconquête. Certains souverains pénalisent et interdisent complétement les associations, quel que soit leur type. D’autres se contentent de restreindre leur champ d’action pour garder un pouvoir sur celles-ci.
Les quatre modèles historiques du secteur associatif
Si les associations sont anciennes, elles n’ont pas toutes connu la même avancée.
La culture associative n’est pas la même selon les pays. Elle a été en partie forgée par les coutumes de chacun, les conflits et les restrictions mises en place. Nous avons pu voir se développer plusieurs modèles associatifs.
Les quatre principaux modèles associatifs que l’on peut compter sont :
- Le modèle rhénan,
- Le modèle anglo-saxon,
- Le modèle méditerranéen,
- Le modèle scandinave.
Ces modèles socio-économiques se distinguent par leurs différences de financements, l’importance du bénévolat et leur rapport à l’État. Pour faire plus général, ils nous aident à comprendre le développement du secteur associatif au sein des Etats nommés.
Le modèle associatif rhénan
Ce modèle se retrouve en majorité en Allemagne, en Autriche, en Belgique ou encore aux Pays-Bas.
Le secteur associatif y occupe une place de choix, qui s’explique en partie par l’ancienneté du secteur et son poids au sein de ces Etats.
Le bénévolat n’est pas essentiel aux associations qui utilisent le modèle rhénan, au contraire, les personnes impliquées dans les associations sont majoritairement des professionnels formés.
Quant à leurs sources de financements, les recettes issues de dons de particuliers y restent très faibles. Au contraire, l'Etat est souvent la principale source de financement, bien que les fondations prennent de plus en plus de place.
Le modèle associatif anglo-saxon
Comme son nom l’indique, ce modèle associatif se retrouve majoritairement au Royaume-Uni, en Irlande, au Canada et aux États-Unis.
De tous les modèles associatifs, le modèle anglo-saxon est celui où le nombre de bénévoles est le plus important. Très investie dans l’aspect caritatif de ces associations, la population est exposée au volontariat dès le plus jeune âge. Dans ces pays, il est par exemple courant que les enfants fassent du bénévolat avec leurs écoles.
Les associations se sont regroupées en fédérations en fonction de leur secteur d’activité. Ces fédérations permettent de réguler l’ensemble du secteur dans lequel elles interviennent par des règles.
Les financements y sont plus diversifiés. Les dons sont l’une des principales sources de revenus des associations, tout comme les fondations qui sont très présentes. L’État finance une partie des associations, mais cela se fait sous forme d’accord avec une subvention définie et fixe.

Le modèle associatif méditerranéen
Ce modèle méditerranéen est présent en Italie, en Espagne et en Grèce. Longtemps restreint par des guerres, le secteur associatif de ces pays connait un retard de développement par rapport au reste des pays européens.
Lors de la création des associations, celles-ci étaient principalement issues du secteur scolaire, religieux ou professionnel. Les guerres de religion et les dictatures ont mis fin au caractère sacré des associations religieuses et au syndicat d’ouvriers par crainte de révoltes. Ce qui a fortement ralenti les associations.
La coopération et l’entraide informelle, c’est-à-dire en dehors des associations, a également pris le dessus sur le bénévolat. Cela a permis, ces dernières années, de favoriser l’émergence d’associations locales.
Cette absence de culture du bénévolat a toutefois une répercussion sur les ressources de celles-ci. Les dons et les fondations restent marginaux dans ces pays, où le gouvernement a tendance à assurer leur financement.
Le modèle associatif scandinave
Contrairement à ce que nous pourrions croire, ce modèle ne concerne pas uniquement la Suède, la Norvège, la Finlande ou le Danemark. Il s’applique aussi dans la plupart des pays anciennement sous influence communiste.
Le secteur associatif y est certes ancien, mais la plupart des associations sont récentes. Tout comme leur regroupement par type d’activité et par intérêts.
Le secteur associatif s’est développé avec un aspect plus récréatif, dans le but de servir les adhérents, et non la collectivité. L’association peut aussi y faire office de groupe de pression sur les gouvernements.
De tous les modèles évoqués, il compte les financements les plus diversifiés. Si les fonds publics aux associations sont moindres, ils demeurent tout de même présents. Parallèlement, les fondations y sont en croissance, et les dons ainsi que la participation financière des bénévoles constituent la majorité de leurs fonds.
Quelques dates importantes pour les associations
Le bouleversement de la loi 1901 en France
Un bouleversement, oui, mais positif !
En se concentrant sur la France, on se rend compte que l’un des marqueurs du droit d’association actuel est et reste la loi 1901.
À l’origine de cette loi, se trouve Pierre Waldeck-Rousseau, président du Conseil de la IIIe République et avocat. Dès 1884, il est l’un des principaux instigateurs de la loi du 21 mars instaurant la liberté syndicale. Waldeck-Rousseau dépose ensuite le projet de loi promulgué le 1er juillet 1901.
Cette loi définit l’association comme :
La convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices.
La loi 1901 permet dès lors à tous les citoyens de se réunir en association sans avoir besoin d’une autorisation préalable, ce qui était le cas auparavant.
La fameuse loi 1901 a donc fêté ses 120 ans cette année. Pour l’occasion, de nombreux événements, comme celui du Mouvement Associatif, ont eu lieu pour revenir sur les enjeux et les répercussions que la loi a encore aujourd’hui.
La liberté d'association comme droit international
Au fur et à mesure des années, la liberté d’association est ajoutée dans les textes nationaux et internationaux pour être reconnue par toutes et tous.
À commencer en 1948 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui ajoute le droit d’association dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle est rapidement suivie par l’Union Européenne, qui en 1950 ajoute la liberté d’association et de réunion dans la convention européenne des droits de l’Homme.
En 1966, le droit d’association fait son entrée dans le pacte international relatif aux droits civils et politiques.
En 1981, c’est dans la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples que l’on retrouve la liberté d’association. La charte est la première à ajouter une clause de non-respect du droit. Elle y affirme que si l’adhésion à une association se révèle obligatoire, alors la liberté d’association n’est pas respectée.

Les mineurs ne sont pas en reste puisqu’en 1990, la liberté d’association est ajoutée dans la convention internationale des droits de l’enfant.
Inspirée par la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la cour européenne des droits de l’Homme précise la violation de la convention européenne des droits de l’Homme en cas d’adhésion obligatoire.
Vue d'ensemble du secteur associatif actuel
Avec plus de 10 millions d’associations dans le monde, le secteur associatif est le 3e plus gros employeur au monde. C’est environ 25% de la population mondiale qui y travaille de façon salariée ou bénévole.
Au niveau mondial, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge est le premier réseau de bénévoles au monde. Il regroupe plus de 17 millions de bénévoles, 80 millions de membres et plus de 430 000 collaborateurs. Preuve s’il en fallait de l’impact que peuvent avoir les associations.
Au-delà de ces grands réseaux, il existe aujourd’hui une grande diversité d’associations à travers le monde. Le rôle et les missions varient selon le contexte géographique, social et culturel, et c’est justement ce qui rend le monde associatif si riche !
A titre d’exemple, en France, les associations sportives sont les plus courantes et représentent 23 % des associations françaises. En revanche, les pays scandinaves comptent plus d’associations de défense de droits de l’Homme ou de la paix.
Conclusion
Et voilà, vous êtes maintenant incollables sur les associations, de l’antiquité jusqu’à nos jours ! Vous l’avez remarqué, si les associations ne sont pas un phénomène récent, elles ont su s’adapter au fil du temps pour répondre aux différents besoins des citoyens.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le modèle associatif semble encore avoir de beaux jours devant lui. En France, en 2019, 4 personnes sur 10 étaient adhérentes auprès d’une association. Chaque année, un peu plus de personnes s’engagent dans le domaine associatif.
Et vous, avez-vous sauté le pas ?



